Max Richard, Oflag V A
La lune va promeneuse du rêve.
Aux cieux béants feindre sa plainte brève
Sur les accords du mystère un peu fou
Traîne mes voeux mélancolique lune
Rien que mon coeur et toute ma fortune
Un deux trois quatre — espoir et puis c'est tout
Du givre germe à la vitre nocturne
Songes secrets fleurs de frêle cristal
Dormeurs liés par l'ombre taciturne
Dieux foudroyés par le sort inégal
Le seuil muet des abîmes stellaires
Vous rend pareils ô frères éphémères
Ce cri tout près s'appelle liberté
Ce pas vainqueur demain retour des choses
Car le printemps reviendra et l'été
Et nos jardins auront encor des roses
